Un Journaliste en Folie

Avec Alain Bernard

Truculent personnage qui se faufile entre les rues de Périgueux, découvrez les facettes exubérantes de ce journaliste au service du journal Sud-Ouest pendant  38 ans, dont 25 ans à Périgueux!

By Marie Calonne

Une Plume d'Humanité

La Reine-Mère d’Angleterre, Jacques Chirac, François Mitterrand, la Reine du Danemark Margrethe, Yves Guéna, il les a rencontré…

Ou encore Johnny Halliday, Coluche, Marc Lavoine, Mylène Demongeot, Macha Meryl, et bien d’autres en provenance de la sphère artistique…

À toutes ces personnalités s’ajoutent aussi les préhistoriens, les paléoanthropologues comme  Yves Coppens, Henri de Lumley, les inventeurs de Lascaux, Marylène Pathou-Mathis, Denis Vialou, la romancière Jean Auel et ce n’est pas fini!

S’ajoutent encore d’autres êtres humains, notés comme “inconnus”…
 

Alain BERNARD imite King-Kong sur la Tour Mataguerre, Périgueux / © Marie Calonne
Il aime ces inconnus ou “moins connus” tel un voisin de palier, il aime ces histoires de gens preux dont on parle peu, histoire encore de lâcher un jet d’encre insolite dans un contexte standardisé.
Toujours spontané et amoureux des mélanges non assortis, parfumés DU “scoop” inattendu, qu’il étiquette “d’étonnant”, il ira jusqu’à venir déguisé en fennec, dans un bureau peuplé de chemises et cravates bien repassées…
Fidèle à lui-même, il ose, il ose être lui.
 
De paysages en visages, de voix en regards, à chaque question sur lui, ce Toulousain d’origine y répond à travers  une histoire sur quelqu’un d’autre… 
Ses conversations sont un tour du monde au coeur de l’humain épicé d’anecdotes, puisées dans les contrées d’un autre contexte, d’un ailleurs semé dans notre ici…
 

Même sa carte de visite nous induirait en erreur, car illustrant de l’art  pariétal, l’un des vieux témoins de notre humanité visuelle entre 1001 symboles, proto-écriture et autres interprétations possibles, on pourrait croire avoir à faire à un autre professionnel de la préhistoire à la recherche de nos origines, et pourtant, Alain est journaliste.

Un journaliste qui conjugué au passé, fût au service du journal Sud-Ouest pendant presque 40 ans, dont 25 années pour les bureaux de Périgueux en Dordogne. Un journaliste qui, conjugué au présent, est toujours journaliste entre autres écritures, il participe ici et là, toujours en vadrouille, avec canne et cabas.

C’est alors qu’armé de bonbons fruités comme projectiles à en crever les yeux, de cravates bariolées comme armure, aux bretelles dignes d’une cotte de mailles, protégé par son éternel canotier-heaume et lunettes rondes sur le nez, hardi, il s’annonce haut et fort presque comme une devise: “Le Journaliste du Coin de la Rue”

LA CRAVATE D'ALAIN
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Moi, j'ai passé ma vie à faire sauter des jours de repos pour finir des reportages... 

Alain BERNARD

Porteur des couleurs vivantes du monde, porteur des couleurs imprévisibles des rencontres, il ose: il ose être lui-même. Avec, en ce décor cartésien et pragmatique, cette délicate mission d’étirer votre sourire, de donner de la joie aussi sucrée que fruitée.

De là le surnom de ce sacré personnage: Monsieur Bonbon.

De Voyages en Pages...

Entre des dressages de portraits et autres articles journalistiques, cette plume d’humanité va malicieusement tisser les pages de 21 livres au gré de fils minéraux, de fils organiques, à l’écoute des sables et des grains de peaux en guise de quenouille. 

 

Son premier bouquin, est enfanté par le continent des premiers bipèdes, Les Contes et Légendes d’Afrique et ses Lacs (2009), issu des printemps ’70 qui vont l’emmener faire le tour du monde passant par une dizaine de pays comme la Tanzanie,  Madagascar, la Réunion, le Japon, Hawai, les États-Unis, Mexico…
Quelques années plus tard en France, une rencontre avec une auto-stoppeuse “en tout bien tout honneur” viendra réveiller cet ancien explorateur, avec pour cap le Groenland, invités par la reine du Danemark en personne…
 

Le dernier livre en date, Le Képi et la Soutane (2018), témoigne sur un personnage oublié, un général français devenu curé qui libéra Paris lors de la 2ème guerre mondiale. Ce dernier travail est préfacé de Xavier Darcos (latiniste et diplomate) et inaugure une toute nouvelle maison d’édition locale, Média Livres.

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Mais encore…
Il y en a d’autres, des inattendus évidemment!
Il écrira sur les Fantômes du Périgord, ou sur des voleurs de truffes à travers une bande dessinée… En collaboration avec la directrice de recherches du CNRS, spécialisée sur l’homme de Néandertal, Marylène Patou-Mathis, il écrira Cuisine Préhistorique, un livre de recettes culinaires à partir d’ ingrédients du paléolithique.
Vous le lisez, Alain est journaliste et il est écrivain qui plante son décor dans un autre contexte.
 
PNDM: Préfères-tu écrire un livre ou un article journalistique?
A.B.: C’est plus spontané, l’écriture journalistique, mais en même temps, il y a la joie de faire un bouquin qui est quand même enthousiasmant. J’ai eu la chance de faire des bouquins sur le Périgord d’antan… et c’est très intéressant, le Périgord est une région extrêmement riche et l’on apprend beaucoup  en écrivant…
 
PNDM: Quelles sont les compétences d’un journaliste?
A.B.: Pour moi, c’est une question d’écoute, de sensibilité, d’amour des autres… Moi j’ai passé ma vie à faire sauter des jours de repos pour finir des reportages (…). C’est un métier pas comme les autres.
PNDM: Comment es-tu devenu journaliste?
A.B.: Alors c’est une histoire tellement facile qu’elle est drôle: j’étais à l’I.U.T. de journalisme de Bordeaux et j’avais demandé à faire un stage au Sud-Ouest. On m’avais dit de revenir dans quinze jours et je suis revenu le soir même pour demander si le stage ne pouvait pas commencer tout de suite… On m’a répondu “oui, mais comment?” Et une heure après le président Pompidou mourrait… Il n’y avait personne à la rédaction pour interviewer les gens dans la rue, et je suis parti le faire avec mon crayon. Ça m’a permis d’avoir le lendemain mon article en 400.000 exemplaires avec ma signature dessus.
 
Moi, ce qui peut me sidérer c’est que l’on pense qu’il ne se passe rien, il se passe toujours quelque chose, conclut-il.
 
PNDM: Parle-nous de tes origines…
A.B.: Mes origines? Mes origines remontent il y a très longtemps….
Quand j’étais tout petit à Toulouse – avant 1958 -, un jour,  le Général de Gaulle est passé dans mon quartier. Et tout le monde était là sur les trottoirs à le regarder passer, et, à l’époque, il était moins célèbre, moins fameux qu’après… Ma mère m’avait emmené sur le trottoir pour voir passer de Gaulle et elle a crié “Vive de Gaaaaaauuuulle!!!”. Alors, tout le quartier nous a regardé et elle leur a dit “Ben quoi? Je suis Alsacienne!”…
 
Une Alsacienne qui nous rappelle les 20.000 autres familles de ce département qui, en 1939, ont trouvé refuge à Périgueux. Comme un certain Marcel Mangel, un alsacien plus connu sous le nom de Marcel Marceau venu aussi se réfugier à Périgueux. Un artiste qui n´hésitera pas à mimer pour sauver des vies…
Les toits de Périgueux médiévale / © Marie Calonne

La Poésie, c'est extrêmement important.

Alain BERNARD

Alain à Périgueux

Pour notre rencontre, le soleil crie de tous ses rayons sous un mois martien, si fort, si fort que tous les zéphirs vagabondent à toute vitesse, ah ces vents qui essayent à tout souffle d’arracher le canotier d’Alain Bernard.

Ils agitent l’Isle, tandis que sur la terrasse de la Péniche de Périgueux, les menus deviennent des Icares qui finissent par s’échouer sur le cours d’eau du Périgord Blanc!

Les verres à pied s’inspirent des airs dansants, pour faire valoir leurs sonorités crystallines lors d’un sacrifice, se jetant au sol en s’éclatant tellement, juste pour rivaliser avec le clocher de Saint Front qui sonne les anges de midi à défaut des démons de minuit . 

PÉRIGUEUX MÉDIÉVALE
CATHÉDRALE SAINT FRONT
CLOÎTRE DE SAINT FRONT
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L’interview foule les pavés du quartier Médiéval-Renaissance, sur les plus anciens tracés urbains de l’ancien Puy Saint-Front.  

La Tour Mataguerre déploie sous nos yeux les toits rougissants de la ville; la rue des Farges, ancien tracé romain, nous laisse nous échapper vers la paisible Place de Navarre où y traine un monde félin autour de l’établissement “Les Années 80” de Christian.

On repars vers les flots de l’Isle qui nous présente la cathédrale Saint-Front, elle se pavanne du haut de son “puy”, toujours aussi blanche, toujours aussi arrondie… C’est au tour de l’Eschif de Creyssac de surveiller notre balade qui remonte vers la cathédrale romano-byzantine.

 

Chaque recoin de la blanche Périgueux accueille notre invité local, avec un “bonjour comment ça va?”, une connaissance, un visage reconnu… Ici tout le monde le connait. D’un trottoir à l’autre, il hèle de tous ses poumons Jean-Charles: “Hey Pouyot!!!” Il le hèlera trois fois, Et cela tombe bien, car en ce 14 mars, c’est l’occasion de souhaiter un joyeux anniversaire à Jean-Charles. Un brin de causette s’invite, toujours dans la bonne humeur et puis le chemin reprend, tout comme la vie. Nous rejoignons la voie de Saint-Jacques-de-Compostelle qui s’étale sur la rue Limogeanne, une artère du centre historique sauvegardé qui nous fait baisser nos chapeaux, un salut en hommage aux pâtissiers de Périgueux dont restent certaines demeures au calcaire érodé et la confrérie de ces derniers.

PLACE NAVARRE
Alain BERBARD
LA PÉRIGUEUX MÉDIÉVALE
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Alain, qui est bien conscient que chacun regarde le monde par sa fenêtre, conscient que les sensibilités changent, parle de poésie à Périgueux:

A.B.:”Nous avons chaque troisième jeudi du mois à Périgueux, le Club des Hydropathes, c’est un club de poètes et je vous assure que ce n’est pas parce que j’y suis, mais vous avez aussi bien des ébroueurs que des profs de fac qui font trois strophes pour magnifier une belle histoire, et ça c’est beau!

La Poésie, c’est extrêmement important.. Quand je vais à un banquet ou à un salon du livre, à la fin je fais un petit poème et les gens me remercie, un poème c’est leur salaire (…) Je dit tout ça car je pense qu’il faut que le monde se ressaisisse et ne soit pas seulement matérialiste (…). Il y a beaucoup de choses importantes qui sont de l’ordre du contact, de la vie (…).

 

PNDM: Crois-tu que les relations humaines se perdent dans le journalisme?

A.B.: Je ne me permettrais pas de juger, mais je pense tout simplement que le fait que tout aille de plus en plus vite avec de nouveaux moyens ne vont pas dans le sens “humain”. Moi, quand je suis rentré au journal, – alors on va dire que c’est le vieux dinosaure, le vieux con qui parle – on prenait le temps de parler…

 

Aujourd’hui vous retrouvez Alain BERNARD toujours en Périgord lors de salon de livres, dans certains articles du Courrier Français ou encore sur les émissions d’une radio de proximité à Périgueux, R.L.P. 

Il parcourt les rues du centre sauvegardé de Périgueux, toujours escorté de bonbons en folie: à bientôt Alain Bernard!

Parti distribuer des bonbons au Paradis la nuit du 9 au 10 décembre 2020, nous artageons ce souvenir. Pâques 2018 au Château de Sauveboeuf, 24290 Aubas.

Suivez Votre Bonne Étoile!

Véritable passionnée du Périgord, Quercy et villages rayonnants, guide-conférencière, Marie guidera votre groupe ou en excursion privative, histoire d’ouvrir ces “Albums de Pierres” qui gardent presque secrètement des châteaux féeriques, une nature exubérante et une ruée vers les trésors de la Préhistoire!

Vous prenez vite conscience de fouler un véritable sanctuaire, gardien de nos mémoires collectives!

Guide Conférencière trilingue (FR-ES-GB) en France, elle a aussi vécu en Belgique et à Tenerife.

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